Athènes 1Athènes 2Athènes 3

Bienvenus à Athènes. Ville des retrouvailles avec l’Europe. On en attendait pas tant ! Des milliers de personnes rassemblés sur une place. Grosse ambiance. Ça chante, ça crie à l’unisson, ça nous réchauffe presque dans le froid mordant. Et puis soudain, sans prévenir, les yeux piquent et voilà que l’on se met à pleurer. Tous ensemble. Seuls ceux qui ont pris soin de venir déguisés avec des masques parviennent à retenir leurs armes. C’est le moment choisi pour servir les cocktails… Molotov ! Non, très franchement, on ne s’attendait pas à un pareil accueil pour notre retour en Europe. Oui, nous sommes bien entrés dans l’univers des pays “riches” et développés” où étrangement on ne parle que de plans de rigueur et de restrictions budgétaires… Un monde de paradoxes. Devant nous, les contestataires brisent à la masse les majestueux marbres de la place du parlement pour le jeter sur les forces de l’ordre. Des hommes qui s’interposent pour protéger les dirigeants qui gèleront leur salaires et amputeront leurs retraites.

Incompréhension face au chaos Scène de rue à AthènesRue d'Athènes Place du Parlement après les heurts

On poursuit la visite en s’enfonçant dans les ruelles, loin des tumultes. Malheureusement, en ces périodes de troubles, l’acropole est fermée comme tous les autres monuments qui font la fierté de la ville. Rien à voir. Athènes est en peine.

Fermeture générale des sites de la ville d'Athènes

Dur de trouver un terrain sans cloture pour un bivouac !Les retrouvailles avec notre vieille Europe sont pleines de contrastes. Le bon ? Du confort, de vrais douches chaudes, de l’asphalte parfait, des conducteurs qui daignent ralentir avant de nous dépasser, un goût pour le sport (voilà des mois que nous n’avions pas vu un sportif du dimanche !), des poubelles au coin de la rue… Le mauvais ? La crainte. Habiter un pays riche, c’est avoir peur du voisin et s’enfermer dans sa bulle. Les clôtures autour d’un lopin de terre nous choquent, les panneaux avec “security system” nous effraient. Nous parcourons les rues tels des anonymes. Jusque là nous étions des hotes, désormais, nous sommes des étrangers. Sensation paradoxale au moment même où nous rentrons “chez nous”.

250 km et quelques coups de pédales plus tard, nous sommes à Patra, tournés vers l’Adriatique et l’Italie. La Grèce n’aura été qu’une parenthèse trop courte pour la comprendre. Heureusement, la mer n’est jamais loin ; de quoi pardonner bien des aberrations dans ce pays au futur incertain. Cap sur l’Italie pour poursuivre notre acclimatation européenne. Il parait qu’il y fait très froid.

Velo