Petits pêcheursnprès d'Antioche

Voilà voilà, l’aventure se poursuit. On est resté silencieux de longues semaines mais pas inactifs pour autant ! Juste quelques jours de balades à Chypre avant de foncer sur Antalya pour réceptionner Vincent et Elise, le frère et la soeur venus partager un peu de ce qui a été notre quotidien ces 20 derniers mois. Alors commençons par vous raconter la fin de notre année 2011 entre Turquie et l’île de Chypre. En voici la première partie.


IMG_1341 28 novembre 2011. Les retrouvailles se font dans une fin de journée ensoleillée : elle est là, valse sur les galets, nous ouvrant un horizon plat où se couche le soleil. Il n’y a que le doux bruit des vagues. Nous revoilà face à notre mer qui nous mènera chez nous. On ne peut plus se perdre. Au sud, on voit la Syrie. Derrière nous, la route mène à Hatay, l’ancienne Antioche, cité des croisades, des premiers apôtres et des plus belles mosaïques au monde. Clocher et minaret à Hatay (Antioche)Aujourd’hui musulmans, juifs, chrétiens y vivent ensemble et en paix. Une paix dont les visages métissés descendant de païens grecs et romains, de chevaliers croisés, d’orthodoxes arméniens, de musulmans ottomans ou des arabes sont les garants. Face à la Méditerranée nous mettons cap au nord. Piste déserte et somptueuse entre mer et montagne. On la voudrait sans fin. Et quand on parvient au premier village, c’est pour planter notre tente au milieu des mandariniers ployant sous leurs fruits mûrs. Kilométriquement les journées sont courtes. A chaque village son invitation pour un çay, des kilos de clémentines, des pides sortant du four.Mozaïque à Hatay Les nuits, elles, sont animées : les sangliers tournent autour de la tente, les chauves-souris géantes hurlent, les pêcheurs font péter leur TNT et les chiens, ah les chiens, se chargent du réveil. On a pas fait les fiers le jour où 6 kangals (des monstres appelés chiens) en patrouille matinale sont tombés sur notre bivouac. Ça grogne et ça aboie tout autour de la tente. On s’en sortira en restant immobile, étouffant notre respiration dans nos duvets histoire de se faire oublier de la meute. Ça prendra tout de même 3/4 d’heure !

© A Tour de Roues Récolte du coton près d'Hatay © A Tour de Roues Bivouac en bord de mer près d'Hatay Réveil vitaminé

Un sprint pour un pote

Kadir me prête son tricycle à MersinDans une main, le téléphone avec un message signé de Kadir, le collègue, l’ami : “je prends un avion demain pour Mersin alors pédalez !!!” . Dans l’autre, la carte qui froidement aligne les dizaines de kilomètres nous séparant de la grande cité portuaire. La bonne surprise de Kadir s’avère être un véritable défi : abattre 230 km en une journée et demi à travers le delta au sud d’Adana. Un sprint dans un labyrinthe de petites routes anonymes et tortueuses. “Même si vous réussissez par miracle à trouver votre chemin, vous ne serez jamais à temps à Mersin ” s’esclaffe un vieil homme à qui on demande notre route. Sans doute ignorait-il combien ça motive de retrouver un ami qui n’hésite pas à prendre un avion d’Istanbul pour vous accueillir dans l’appartement familial. Reste qu’après une journée de plus de 8h, 150 km vent de face, dont un bout à rouler sur une autoroute de nuit, nous reconnaissons une grande silhouette familière qui traverse la rue et s’approche de nous : c’est celle de Kadir. Madame Notre Voisine à MersinOn a réussi. C’est qu’il faut pédaler fort pour être à la hauteur des potes ! Ces moments passés avec lui nous permettrons de connaître un peu plus les subtilités de ce pays qui nous plait tant.  Merci aux parents de Kadir, car la grosse semaine passée dans l’appartement de Mersin nous a permis de nous reposer dans le confort de la vie sédentaire et de commencer à réfléchir à l’avenir au retour. Merci aussi à Madame la Voisine, particulièrement attentionnée à l’égard de ses nouveaux voisins français.

Miss aubergine Mosquée à Hatay Ataturk chez le boucher