La dolce vita

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Contemplation au port de Trani, Pouilles © A Tour de Roues Il parait qu’avec le voyage, on apprend à être à l’aise partout. Après presque deux ans sur la route, nous y sommes. Samedi soir à Termoli, ville de la côte adriatique italienne; oh ce n’est pas Milan, mais dans la rue Corso Nazionale, pas une mèche de cheveux qui ne tombe juste, pas une paire de lunettes qui ne soit assortie à la casquette, au borsalino ou au parapluie. Les Italiens jouent d’élégance et de prestance pour égaler la beauté des Italiennes. Couples de tous âges, amis, familles déambulent avec plaisir. Pas de shopping, juste le plaisir de se promener, de discuter, de rencontrer et, bien sûr, de se montrer. On se jette dans dans cette rue devenue podium pour nous gaver de ce délicieux spectacle, un concentré d’Italie, mieux qu’un Pirandello.Et nous aussi on fait un effet boeuf : bronzage cycliste, des ballots de linge que l’on ramène de la laverie sous les bras (et le peu qu’on a pas pu laver sur nous), nos regards ébahis pareil à des enfants, un Indien dans la ville quoi ! S’ils savaient que l’on a parcouru 24000 km à vélo pour pouvoir les regarder comme s’ils étaient des acteurs d’un film avec Lollobrigida, pour revenir avec un regard neuf qui les fait briller de mille feux. Ils impressionnent, ils sont beaux… mais on est bien dans nos fringues de cyclos-nomades au milieu de cette profusion d’effets. Nous sommes des spectateurs, de simple spectateurs à l’aise avec la seule chose qu’ils ont : plein de belles histoires  dans leurs sacoches trouées. 22 mois sur une selle de vélo à travers le monde pour parvenir à gagner un petit bout de détachement, un gout pour la contemplation.

Eglise de Trani, Pouilles © A Tour de Roues Moka, notre nouvelle coéquipière © A Tour de Roues Panettone à vélo © A Tour de Roues

C’est beau l’Italie avec ce regard neuf. Dès le premier pas en sortant du bateau, la vieille ville de Bari nous envoute : le linge étendu aux balcons où palabrent les femmes embaument les étroites ruelles, l’architecture explose de pierres blanches et de proportions parfaites, tous se parlent en chantant… Nous sommes émus comme si nous retrouvions nos souvenirs d’enfance.

Alain, roi de la bici à Bari © A Tour de Roues

Basilique Saint Nicolas de Bari, Pouilles © A Tour de RouesCe à quoi nous ne prêtions plus d’importance il y a deux ans s’impose à nous : on fait l’assaut de la boulangerie, on s’engouffre dans une basilique catholique, on s’achète un paquet de café et une mini cafetière moka.  Parmiggiano regiano, pesto, panettone, crudo, mozzarella… les papilles retrouvent leurs repères. Pour ajouter au plaisir, Alain nous sert de guide et d’hôte. Français installé à Bari, coursier à vélo et maestro du tiramisu, il sort de la fac de géo : des profs et des études en commun, les discussions seront longues, passant d’un continent à l’autre. Nous le quitterons pour reprendre notre périple. Il n’y a qu’à rouler… toutes les routes mènent à Rome.

Bivouac dans les salines, Pouilles © A Tour de Roues Sur la route des Pouilles © A Tour de Roues

Coktails et larmes en arrivant en Grèce

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Athènes 1Athènes 2Athènes 3

Bienvenus à Athènes. Ville des retrouvailles avec l’Europe. On en attendait pas tant ! Des milliers de personnes rassemblés sur une place. Grosse ambiance. Ça chante, ça crie à l’unisson, ça nous réchauffe presque dans le froid mordant. Et puis soudain, sans prévenir, les yeux piquent et voilà que l’on se met à pleurer. Tous ensemble. Seuls ceux qui ont pris soin de venir déguisés avec des masques parviennent à retenir leurs armes. C’est le moment choisi pour servir les cocktails… Molotov ! Non, très franchement, on ne s’attendait pas à un pareil accueil pour notre retour en Europe. Oui, nous sommes bien entrés dans l’univers des pays “riches” et développés” où étrangement on ne parle que de plans de rigueur et de restrictions budgétaires… Un monde de paradoxes. Devant nous, les contestataires brisent à la masse les majestueux marbres de la place du parlement pour le jeter sur les forces de l’ordre. Des hommes qui s’interposent pour protéger les dirigeants qui gèleront leur salaires et amputeront leurs retraites.

Incompréhension face au chaos Scène de rue à AthènesRue d'Athènes Place du Parlement après les heurts

On poursuit la visite en s’enfonçant dans les ruelles, loin des tumultes. Malheureusement, en ces périodes de troubles, l’acropole est fermée comme tous les autres monuments qui font la fierté de la ville. Rien à voir. Athènes est en peine.

Fermeture générale des sites de la ville d'Athènes

Dur de trouver un terrain sans cloture pour un bivouac !Les retrouvailles avec notre vieille Europe sont pleines de contrastes. Le bon ? Du confort, de vrais douches chaudes, de l’asphalte parfait, des conducteurs qui daignent ralentir avant de nous dépasser, un goût pour le sport (voilà des mois que nous n’avions pas vu un sportif du dimanche !), des poubelles au coin de la rue… Le mauvais ? La crainte. Habiter un pays riche, c’est avoir peur du voisin et s’enfermer dans sa bulle. Les clôtures autour d’un lopin de terre nous choquent, les panneaux avec “security system” nous effraient. Nous parcourons les rues tels des anonymes. Jusque là nous étions des hotes, désormais, nous sommes des étrangers. Sensation paradoxale au moment même où nous rentrons “chez nous”.

250 km et quelques coups de pédales plus tard, nous sommes à Patra, tournés vers l’Adriatique et l’Italie. La Grèce n’aura été qu’une parenthèse trop courte pour la comprendre. Heureusement, la mer n’est jamais loin ; de quoi pardonner bien des aberrations dans ce pays au futur incertain. Cap sur l’Italie pour poursuivre notre acclimatation européenne. Il parait qu’il y fait très froid.

Velo

Derniers tours de roues en Turquie

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patara 1Patara 2Patara 3

Patara, une plage et les vestiges d’une antique cité de Lycie. Pour nous, c’est d’ici que débute la piste lycienne qui, entre falaises, mer turquoise et neige, va nous offrir une dernière épreuve turque. Du niveau de la mer aux neiges des cimes en quelques kilomètres et litres de sueurs, on vous embarque pour une dernière virée en images sur nos vélos.

Lumière de fin de journée sur la voie lycienne © A Tour de Roues Problème d'échelle entre une gamelle et son molosse Fin de représentation, cité antique de Patara © A Tour de Roues 23 000 km qui ne s'effaceront jamais

Ombres chinoises de deux Français dans des vestiges grecs en Turquie ! © A Tour de Roues Parée pour la montée © A Tour de Roues Ca glisse !!! © A Tour de Roues

Vue sur la Turquie turquoise © A Tour de Roues Printemps précoce pour les euphorbes © A Tour de Roues Sur la piste © A Tour de Roues

Bivouac au col © A Tour de Roues IMG_2383

Un oeil sur la Turquie © A Tour de Roues

Lycian way 1 © A Tour de Roues1Lycian way 3 © A Tour de Roues

Demain, un bateau nous éloignera de ce pays où l’on a passé tant de temps. Nous avons fait plus que de traverser cette Turquie.Aujourd’hui comme il y a deux ans, elle fut le trait d’union entre “chez nous ” et les terres inconnues. Nous y avons désormais des amis qui ont marqué notre voyage. A tous ceux qui nous ont offert leur gentillesse, nous disons un grand “tesekur ederim”, et, à bientôt !

Merci à la Turquie ! © A Tour de Roues

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