Transcaucasie

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Chemin de traverse en Transcaucasie

La Géorgie ? On ne sera pas resté plus de 24h sobre dans ce pays. Il est 10h du matin quand en traversant notre premier bourg, deux villageois nous arrêtent en nous tendant des figues. Mais l’assaut est soudain : on a pas même eu le temps de retirer notre casque qu’ils ont déjà amené sur le trottoir le jerricane de “tchatcha”; 50 degrés à boire cul sec dans une tasse à café. Privilège de l’inégalité des sexes, Emilie n’a droit qu’à tremper les lèvres quand Benjamin doit trinquer dans toutes les langues. Tchourtchkhela © A Tour de RouesQuand on arrive à expliquer à nos hôtes que ce breuvage de si bon matin risque d’altérer nos “performances sportives”, compréhensifs, ils ouvrent une bière “plus légère” et nous offrent ce qui provoque un fou rire retenu : la tchourtchkhela. C’est la sucrerie préférée des Géorgiens (et des Géorgiennes) sauf que ça a l’allure d’un pénis en piètre forme. Alors, entre l’alcool et les tchourtchkhelas pendantes à nos sacoches, on repart hilares et informés de la règle d’or qui prévaut en Géorgie : si tu t’arrêtes, tu trinques; si tu prends une photo, tu trinques; si tu vas au marché, tu trinques… C’est devenu une action patriotique de soutien à l’économie du pays depuis que la Russie (en froid avec Tbilissi) a fermé ses frontières aux vins géorgiens. Alors trinquons à la sottise russe !

Boucher au marche de Telavi

Soiree chez des amis a Tbilissi Un mariage chez Zizi, c'est un mariage qui dure ! © A Tour de Roues

Merci Bakou

Bakou planete petrole Des dizaines de vitrines de boutiques de luxe à en faire pâlir les Champs-Elysees, des 4×4 ou de grosses berlines allemandes clinquantes, des centaines de parcs et des fontaines, des architectures dignes des plus belles capitales occidentales : en débarquant avant l’aube à Bakou, nous découvrons enfin où vont tous les euros déboursés à la pompe. Nous voici sur la planète pétrole où, à la différence des traders new-yorkais, les hommes d’affaires azeris ne semblent ni pressés, ni stressés : le pétrole, c’est benef’ garanti, l’addiction est mondiale, les ressources sont locales ! D’ici sortait 80 % du pétrole mondial au début du 20eme siècle. “Vous êtes Français ? Il parait que Paris n’est pas propre, que la ville sent mauvais”, nous demande le banquier chez qui nous changeons la “ridicule” somme de 300 dollars. On s’apprête à faire “cocorico” et à répliquer mais la vue des employés de la ville passant la serpillière sur l’esplanade impeccable de la place des Fontaines nous arrête. Même les Suisses sont battus ! La face cachee de la planete petrolePourtant, nous aurions du inviter ce fier banquier à venir pic-niquer avec nous sur un champ de puits de pétrole. C’est glauque à mourir, la désolation la plus extrême, pas une plante, juste de la rouille et des hydrocarbures avec le métronome abrutissant de ces moustiques d’acier géants pompant ce qui a mis des milliers d’années à se former dans les entrailles de la Terre. Des métronomes pour un requiem, celui de cette énergie fossile qui aveugle et avilie les hommes. Bakou n’est qu’une illusion qui cache comme elle peut l’odeur nauséabonde des dollars qui coulent dans ses rues.

Un printemps en automne

Azerbaidjan, Grand Caucase Georgie, en passant par Gremi

Cyclo-pouss' © A Tour de Roues

En une journée, tout a basculé : on a quitté la côte de la mer Caspienne, les violentes tempêtes de la péninsule d’Absheron et ces terres d’où s’échappent parfois du gaz enflammé. La petite route nous a hissé en une journée vers un col qui marque un tournant dans notre voyage: après près de 6 mois de déserts et de cimes à naviguer entre des oasis sur le fil de la route de la Soie, Route forestiere en Georgieon retrouve ici de vraies forêts parsemées de prairies, bercées par un soleil qui nous réchauffe sans nous brûler. C’est pour nous une renaissance, le retour d’odeurs imprimées dans notre cortex : celle de l’humus, des feux de cheminées, des fleurs… autant de repères d’un monde que l’on (re)connait. Et dans cette palette de couleurs automnales qui explose sous nos yeux apres les steppes, nous avons la sensation de vivre un printemps. Enivrés par les retrouvailles avec un environnement sauvage mais pas hostile, on s’est enfoncé dans des chemins de montagnes caucasiennes tout juste praticables à cheval. Résultat : 3 jours à pousser nos vélos, gagnant à peine 20 km quotidiens sur des sentiers trop escarpés, passant à gué les rivières. Les bergers, que l’isolement rend un peu fous, nous prenaient pour plus fous qu’eux. Peut-être est-ce les hurlements des meutes sauvages dans la nuit qui rendent fous ceux qui dorment dans ces vallées perdues.

Debut de journee dans le Grand Caucase

Tbilissi

Fromager au marcheAvec son vélo “from USA”, Vaniko nous conduit a travers les rues de Tbilissi. Ce jeune de 20 ansincarne l’une des deux facettes du pays. “Non, l’époque communiste n’avait rien de bonne : tout y était gratuit. Cela ne pouvait pas être viable !” Sa réponse tranche avec celui d’une vieille femme qui regrettait le matin même cette époque soviétique “où tout fonctionnait correctement”. La Géorgie a fourni au régime rouge deux de ses plus “importants” personnages ; Staline et Beria. Reste qu’à Tbilissi (où après plus de 20 000 km il est nécessaire de réparer et changer certains de nos équipements), Vaniko nous aide à connaître les filons du système D : on erre dans les gigantesques allées du marche de seconde main. Ici on revend les vêtements dont l’Europe se débarrasse, croyant faire acte de charité ! Rchvita, l’Empereur de la mécanique caché derrière le vieux vélodrome où poussent désormais des herbes folles, a quant à lui résolu un problème de dérailleur qu’ Emilie traînait depuis des mois. Partout, les mécanos (même chinois) avaient déclaré forfait. Rvichta, a dit “Niet problem, niet kaput”, et il a réparé, jetant ses outils par dessus son épaule. Cet homme n’a rien, pas même un plan de travail, tout juste une boite à outils éventrée, mais il a une tête bien câblée et l’expérience d’une époque où il fallait Tout faire avec Rien. Si vous cherchez un bike shop à Tbilissi, cherchez Rvichta, rue Ouzbadzé, près de Mardjanichvili.

Tenue “descente” exigée

Couturiere s'affairant sur nos sacs de couchage © A Tour de RouesTbilissi donc : encore quelques petites choses à réparer, remplacer, recoudre… puis on s’élancera vers nos prochains cols entre 2000 et 2500 mètres entre la Turquie, la Géorgie et l’Arménie. Il faut dire que l’automne s’est soudainement corsé voilà 4 jours : en une nuit de violente tempête, les montagnes du Caucase ont revêtues pour de longs mois d’hiver leur manteau blanc. Dire qu’il y a quelques semaines nous brûlions dans la fournaise ! Désormais, on frissonne dans les descentes. Mais vos commentaires nous le montrent bien, plus on va loin dans l’aventure, plus vous nous suivez de près. Alors, c’est avec plaisir qu’on se lance encore dans une rude partie qui promet d’être frisquette.D’autant que nombreuses fois, ce qui devait etre une route d’après la carte n’était qu’un chemin forestier bien plus long annoncé. Ah, le manque de sérieux des cartographes !

Ils ont repondu présents

Pour finir, on tient a tirer un grand chapeau a quelques uns de nos partenaires (mais pas seulement) qui ont répondu présents quand nous avons eu besoin d’eux ces dernières semaines. Parmi eux, il y a Weschel, le fabriquant de la tente que l’on a trouve être la plus adaptée à notre aventure : charmé par notre projet en cours, ils nous ont offert une nouvelle tente, encore plus légère ! Zéfal, la marque de chez nous (Jargeau) qui a su conquérir le monde et qui renouvelle son soutien en nous fournissant des équipements supplémentaires. Katadyn nous a offert des pièces de rechange pour notre réchaud et notre filtre à eau. Merci également à Rando-Boutique et Schwalbe pour avoir compris combien leur concours nous était important.

Piste du Grand Caucase

20 000 km sur la Terre

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20 000 km © A Tour de Roues

A force de poursuivre l’horizon, on vient de s’offrir ce 11 octobre 2011, une moitie chacun de notre planete Terre.  On offre ces 20 000 kilometres avec nos bicyclettes a Vincent pour ses 27 ans !

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