Du bleu dans les yeux

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Boukhara

Samarcande, Boukhara… Nous voila en Ouzbekistan, dans ces cites mythiques ou l’on se console des journees de pedalage dans une fournaise (44 degres a l’ombre) en mangeant des figues et du raisins. En attendant de vous raconter, on vous invite a aller jeter un coup d’oeil dans notre galerie photo. De quoi rajouter quelques degres a la rentree qui s’annonce. A tres bientot.

Le toit du monde

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Glacier afghan
Wakhan valley

Diseuse de bonaventures pamiriBerger pamiriFemme pamiri

Afghan Portrait pamiri

Tente para-sismique

Bivouac2h30 du matin : “Ça tremble ou je rêve ?!” C’est le premier bivouac avec Richard, l’oncle courageux venu pédaler deux semaines avec nous et ça commence fort : un séisme de magnitude 6 nous réveille. Nos matelas semblent flotter sur le sol mais dans notre maison de toile, on ne craint rien ! Enfin presque. Car non loin de là, il y a le lac Sarez : 88 km2 d’eau sur 500 mètres de profondeur, retenu par un barrage naturel composé de roches et de boue. Dans la région, on sait qu’un séisme pourrait briser ce tampon, générant le plus gros déluge de memoire d’homme, balayant le Tadjikistan, l’Afghanistan, jusqu’à la mer d’Aral en Ouzbekistan, a plus de 1200 km. Quand on sait ça, ce sont  nos fesses qui se mettent à trembler. Et puis question secousse, on allait être servis par les jours a venir.

Pamir highway

Pamir highwayC’est un des rares ruban d’asphalte de la planète courant à 4000 mètres d’altitude. La Pamir highway, ouverte depuis peu aux étrangers, voit passer plus de cyclos et de camions chinois que de vieilles épaves soviétiques. Le terrain est peu accidenté, mais on se heurte sans surprise au patron du lieu : le vent constant et puissant. C’est lui qui a décidé qu’ici rien ne pousserait et que les cyclos osant rouler vers l’ouest finiraient fous ou épuisés. Il faut pédaler dans les descentes pour avancer à moins de 10km/h et l’on a le sentiment de forcer comme dans une ascension. Magnifique, la Pamir highway est vicieuse : peu à peu ses paysages grandioses vous broient, interminables, insaisissables. Le vent de face incessant, n’arrête son travail de sape qu’à la tombée du jour, lorsque l’on est réfugiés dans la tente. Quant à l’eau, parfois introuvable la journée, elle va venir vous sortir de vos rêves d’assoiffés en coulant autour de la tente au beau milieu de la nuit sans qu’aucun orage n’explique cela.

Des tours de roues avec Richard Richard et son copain sur la Pamir highway Corvee d'eau Lessive au bord de la Pamir highway

Alichur, un village pamiri. – 45 degrés l’hiver, + 40 l’été. De l’électricité, il ne reste que les poteaux de l’époque soviétique. Quant à l’eau, il faut aller la chercher au torrent avant de la faire chauffer à la bouse. Témoin de ce climat rude, les lacs de la région, splendides miroirs d’eau salés, ne se libèrent des glaces qu’à la fin du mois de mai. Dans l’épicerie improvisée, rien ou presque. Deux bouteilles de faux sodas poussiéreuses, quelques vieux biscuits en vrac, et miracle, trois yaourts longue conservation sur lesquels nous nous ruons. Dans le Pamir, il faut porter plus d’une semaine d’autonomie en nourriture. Depuis qu’en 1992 les Pamiris ont voulu prendre leur indépendance, les approvisionnements ont cessé et l’argent a même disparu pendant un temps. Mais pour leur salut, les pamiris sont des ismaeliens qui vénèrent l’Aga Khan. Et ça tombe bien car ce Dieu vivant, ce 49ème imam qui a sa photo dans toutes les maisons de la région, est un riche homme installé en Suisse dont les dons font vivre le Pamir.

Une route d’enfer pour le paradis

Wakhan A tour de bras
En piste vers l'Hargus pass, 4350mC”est parti pour une des plus mauvaises pistes de notre aventure : celle de la vallée de Wakhan. Elle débute par un col à 4350 mètres que l’on gravit chargé en nourriture et de 8 litres d’eau chacun. Parfois trop raide ou trop sableuse, il faut pousser les vélos, même les pieds peinent à trouver de l’adhérence et les poumons à s’oxygéner. Mais la récompense est somptueuse : 8 jours de vélos le long de l’Hindu Kuch, à mi-chemin entre ses cimes à plus de 7000 mètres et le fond des gorges où gronde une furieuse rivière couleur de pierre, qui deviendra la mythique Oxus, l’Amou Daria. Sur l’autre rive, les glaciers partant de cimes pakistanaises digèrent leurs moraines sur les pentes afghanes. Ici la montagne a des proportions et une puissance mécanique à donner le vertige aux géomorphologues du monde entier. D’ailleurs notre petite piste a bien du mal à se tenir : on s’enfonce dans des pierres, on s’ensable dans des dunes, on franchit des torrents débordant le chemin : l’occasion de nous baigner dans leurs eaux glacées quand le soleil brûle trop.
Puis la piste plonge : au fond de la vallée, revoilà des arbres qui abritent du vent. Les abricotiers ploient sous les fruits, des Pamiris s’affairent dans de petites parcelles cultivées. C’est très pauvre, mais après des jours de dénuement et de solitude, leur sourires nous ouvrent les portes du paradis.
Approche de l'Hindu Kuch Tadjik flag
Marchand d'etoffes afghanPin up au marche afghanPortrait d'afghan
Au pied de chaque torrent, sur ce que les géographes appellent les cônes de déjections, s’agrippent ces petits villages paisibles ou chacun dispose de sa propre langue : chugnani, wakhi, ishkashimi, rushani… Et puis il y a l’Afghanistan. Premier contact avec ce pays au bazar afghan d’Ishkashim : rien à acheter sur les étales, mais tant de visages à voir racontant à eux seuls l’histoire mouvementée de ce pays meurtri.
Khorog, capitale du Pamir. La ville est agréable. On s’y repose un peu. Richard est reparti vers la France, rassasié d’aventures. Quant à nous, il nous faut tracer la suite de notre aventure : quels pays ? quelles directions ? Quelles saisons ? On sait que l’Ouzbekistan et sa fournaise intenable nous attendent. Et ensuite ? Les réponses viendront aussi avec la reprise de la chasse… aux visas.
Fillette Zoro est arrive sans se presser
Derniere minute : lundi 8 aout a Dushanbe, nous avons obtenu avec du culot et en 15 minutes notre visa pour l’Azerbaidjan… Il a presque fallu refuser l’invitation a dejeuner de Monsieur le Consul … tres sympathique. Dire que ce visa a la reputation d’etre difficile a obtenir. Mercredi, le tampon kazakh devrait sceller la suite de notre itineraire. On vous souhaite de belles vacances et on attend vos cartes postales ! En attendant on vous invite sur la galerie photo du site pour aller plus loin dans notre aventure tadjik. Merci encore pour vos messages.
La piste des vacances
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