Du riz et des hommes

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IMG_3610 Riz(ette)

Nous naviguons face au vent sur une mer de riz. Toute proche du voisin vietnamien, la région que nous traversons, en remontant vers Phnom Penh, serait le berceau de la civilisation khmère. Au milieu de cet interminable tapis de rizière, ponctué de palmiers à sucre, quelques inselbergs (montagnes en formes de pains de sucre) trônent dans le paysage.

Emilie en routeDès les premières de l’aube bercée par la brume, des silhouettes d’hommes, de femmes et d’enfants, cassées en deux, se dessinent dans les rizières. L’époque de la récolte bat son plein, et ce sont tous les villageois qui s’activent. Dans les champs, on coupe à la main; sur les routes, des charettes en bois surchargées de bottes coupées avancent au rythme des boeufs. Dans les cours, au pied des hautes maisons su pilotis, on entasse le foin et on bat les épis pour en faire tomber le grain que l’on séchera ensuite à même la route. Les buffles eux se reposent : dans eu de temps il leur faudra à nouveau tirer la charrue pour recommencer une nouvelle fois ce cycle pluri-millénaire dont dépend une grande part de l’humanité.

Ce spectacle nous entraine hors du temps. Sur les pistes de latérite, au milieu des paysans aui portent le kramar (le pagne traditionnel), nous pourrions être au 17 ème siècle autant qu’en 2010. D’ailleurs ici, le réveillon du 31 décembre ne veut pas dire grand chose.

Hello, bye bye et sok sobaï !

La caravane du Tour du Cambodge

C’est un peu comme une “ola” dans un stade. A chaque entrée de village, les enfants de la première maison s’arrêtent net de jouer en nous voyant, et tel un réflex, accourent vers nous en hurlant ” Hello, hello, hello !”. Les enfants de la maison voisine, entendant celà, se ruent à leur tour vers la route, entonnant le même cri et ainsi de suite. La mèche est allumée, parcourant tout le village a notre passage. Pas question de ne pas répondre; et chaque jour, ce sont des dizaines, des centaines de “hello” qu’il faut lancer à la volée.

Dans cette course à la popularité, notre rivale, c’est la télévision. Autour de vieux tubes cathodiques s’aglutine une vaste foule campagnarde, bouchebée devant cette lucarne qui grésille au fond d’une gargotte. LA Télé du village diffuse de la boxe thaï, des feuilletons à l’eau de rose, ou des clips projetant en pleine campagne les strass trompeurs de la ville. L’illusion d’un monde meilleur ?

Le feu du dragon

Entrée a Phnom PenhLa pièce est d’un calme glacial. Les visages y sont inexpressifs. Derrière les guichets des demandes de visa chinois, deux silhouettes mènent des entretien expéditifs. C’est déjà notre tour : ” Impossible ! Vous ne pouvez pas demander votre visa. Revenez dans un mois “, s’agace le fonctionnaire avant même que nous ayons ouvert la bouche, repoussant notre dossier. A travers la vitre teintée du guichet, on distingue à peine son visage fermé et autain sur lequel se reflète le notre, dépité. Un peu comme si nous assistions de l’extérieur au spectacle que nous redoutions. Mais déjà l’homme a détourné son regard de nous, pianotant d’un air désabusé sur son portable. Nous protestons poliment pour lui démontrer qu’il fait -sans doute volontairement- une erreur de caldendrier. “I don’t understand what you say”, s’obstine le fonctionnaire. Des pays et des frontières sur les bords du Tonle SapA force d’insistance et de courtoisie forcée, on obtient du diplomate de revenir dans une semaine. Mais on pressent qu’il trouvera alors un nouveau prétéxte pour refuser de traiter notre dossier. Pourtant nous avons tout de la longue liste des pièces à fournir par les Français pour avoir 30 jours de visas : les formulaires, les photos; les dollars, les réservations d’hotel, les réservations d’avions pour entrer et sortir de la Chine (que nous annulerons), et même en bonus une lettre d’invitation d’amis vivant à Pékin. Rien n’y fait, obtenir un visa chinois quand on est français est devenu un enfer. On a tenté à Bangkok : “trop tôt”, nous a-t-on répondu. On a tenté via une agence de Phnom Penh. Réponse : “l’ambassade de Chine veut traiter avec vous directement” au prétexte de vouloir prendre nos empreintes digitales.

Maintenant, face au guichet, on comprend bien que la faute de notre de notre dossier, c’est d’être d’un pays qui a chahuté la flamme olympique et acceuilli le Dalaï Lama. Désormais le messqge chinois est clair : fallait pas jouer avec le feu du gros Dragon suceptible.

Pour se remonter le moral, c’est à l’ambassade du  Laos que nous sommes allés : on y obtient plus facilement un visa. Quant à la Chine, on tentera à Ventiane, où dernière chance, à Hanoï… Et si malgré notre envie de découvir ce pays fascinant nous échouons, il nous faudra à regret revoir le tracé de notre périple. En attendant, allons nous épuiser dans la folle circulation de Phnom Penh (de loin plus chaotique que Bangkok), et dans l’atmosphère surchargée des marchés.

Leçon de mécanique avant la méditation

Le Cambodge nous sourit

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Bicykhmere

Et nous voila au Royaume du sourire. On s’en nourrit a chaque kilometre. Les enfants qui courrent sur le bord de la route pour nous saluer…

CohuD’ailleurs, il a bien fallu garder le sourire quand la douaniere de 50 ans nous a demandé, dans son tout petit bureau désuet, avec Luc si nous ne voulions pas changer de femme. Euhhh… Sourire, remercier, regarder du coin de l’oeil le passeport sur lequel le visa ne s’est pas encore abattu… Et puis finalement, alors que ce passage de frontiere de Ko Kong est réputé comme un des plus lourdement ‘backchiché”, on a meme réussi a négocier a la baisse le prix de notre visa et passer entre les mailles bien fines des différentes ‘taxes”. On a joué fin. De bon augure pour la suite de la course aux visas.

Nous voila donc a rouler a nouveau a droite (quand la route le permet). On a franchi les piémonts des Cardamones mountains ou la route est traversée par les éléphants et ou les forets abritent les derniers tigres d’Asie du Sud-Est.

Gilles, la moitié d'une vie sur un vélo a travers le mondePuis nous avons regagné la plaine et sa vie paysanne ou l’on séche le riz tout juste récolté et les poissons. On pédale dans un théatre vivant avec nos deux amis, Luc et Ingrid, auquel s’ajoute un autre cyclo, Gilles, qui compte 120 000 km a son compteur.

C’est donc en cyclo-franco-family que nous passerons Noel les pieds dans l’eau dans le petit village de pecheur ou le roi du Cambodge venait se reposer, Kep.

En ces fetes de Noel, nous pensons fort a vous tous et particulierement a nos familles. On vous embrasse.

Attention, poids lourds

Un premier bout de Thailande

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Bangkok, l'epuisante

Ca aura été un voyage initiatique. S’extraire de Bangkok et filer vers la pointe sud-est de la Thailande a été le meilleur moyen d’apprendre les nouvelles regles de cette partie du monde. Se faufiler dans la folle circulation, apprendre a composer avec la fournaise du soleil (59 degrés au soleil hier !) et la brulure du piment, dormir dans les temples et les écoles, adopter un nouveau rythme ou se lever a 6h00 est déja une grasse mat’. Ici on dort peu, et des qu’on peut.

Réveil en fanfare

Premiere nuit surprenante : on pose la tente dans un petit parc au milieu de batiments administratifs désertés… un homme vient nous jouer de la guitare, puis nous sort une arme qu’il nous met dans les mains… La barriere de la langue fait planer le mystere : Qui est il ? Ou sommes-nous ?

Le lendemain matin, au réveil, on est pris dans une foule d’uniformes de parades, on nous mitraille de photos, on nous serre la main… C’est alors que l’on comprend : nous avons dormi dans une base militaire qui, ce 5 décembre, fete l’anniversaire du roi !

Une nuit chez les Lennon

Face au publicUne belle rencontre. Paul Lennon. Une star qu n’a pourtant rien a voir avec un Beatles. Cet Anglais est venu nous trouver alors que nous cherchions un endroit pour passer la nuit : “Dormez dans mon école. Demain, je vous présenterai a mes 1500 éleves. Votre aventure va les faire rever”.

Le lendemain matin, 8h00. La cour est comble devant nous. Ils ont entre 3 et 18 ans. Des “ohhhh !!!” des “ahhh” et des yeux ronds… a chaque fois que l’on dit combien de pays traversés, de kilometres parcourus. On adore. Non pas parce que l’on pourrait se sentir comme des rock stars face a un public conquis, mais parce que l’on participe a une belle entreprise : Paul Lennon et sa femme se battent pour qu’une école du royaume accueille parmi ses éleves des jeunes trisomiques. Cela est devenu le combat de leur vie.

Petit paradis entre amis

J'ai trouvé le bivouac de ce soir !

Koh Kood, une petite ile delaissée par les touristes. Il n’en fallait pas plus pour nous décider a embarquer nos vélos sur un bateau en direction de ce petit bout de terre. Une facon de feter les retrouvailles avec nos amis cyclos, Luc et Ingrid, rencontrés en Turquie.  Plage, plongée, bivouac sur un banc de sable blanc avec cocotiers et étoiles pour seul spectacle, rythme insulaire… On en dit pas plus, ca pourrait vous mettre en état de choc thermique.

Ingrid mene la barque ... jusqu'au bar sur pilotisLuc garde le cap en toute circonstance

Un peu de repos et nous voila de nouveau en route a quatre pour le Cambodge tout proche. Quant a la Thailande, on y revient dans un mois pour longer le Mékong, planter nos arbres et entrer au Laos.

Merci a vous pour vos messages. De vrais cadeaux a l’approche de Noel.

Premiers tours de roues en Thailande

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Welcome in Thailand

Apres 90 km d’autoroute avec des motos et des voitures a contresens afin de quitter Bangkok, nous faisons une pause pour vous offrir les premieres photos de Thailande (et les dernieres d’Australie) dans notre galerie. De quoi vous changer du froid et de la neige.

Bangkok

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Bangkok

Voila déjà une semaine que nous sommes dans la jungle urbaine de cette capitale thaïlandaise. Bangkok, un gigantesque centre commercial, ou tout se vend, même l’amour, celui avec un petit “a”. On piétine sur des trottoires débordant de vendeurs ambulants d’où montent des effluves d’épices brûlées qui piquent la gorge et régalent les palais. Pas un moment de silence,  partout des bruits de traffic, de travaux. La ville se pare pour l’anniversaire du roi, le 5 décembre. Difficile de s’imaginer qu’il y a 6 mois, un couvre-feu s’abattait sur la ville après que l’armée ait tiré sur des manifestants. Personne n’en parle, tous se rassurent en se replongeant dans ce tourbillon urbain. La course au business a repris, effrennée : il faut faire vite; dans une semaine on attend de nouvelles manifestations à Bangkok.

Casse-tête chinois

China“Chinese visa for French ? You can’t ask it in rush time”. S’il y a un endroit où être français est un handicap, c’est bien dans une ambassade de Chine. Pas de possibilité d’accélérer la demande en payant un surplus pour les frenchis, obligation de présenter une réservation d’hotel, et -plus compliqué pour des cyclistes-, apporter ses billets d’avion. Le torchon brule encore entre la France et la Chine depuis que la flamme olympique a mis le feu aux relations. Ajoutez à celà des durée de validité, l’attente, les questions autour de la profession… et la quête, au visa pour l’empire du milieu devient un véritable casse-tête. Finalement, nous avons tranché : nous demanderons un visa chinois depuis Phnom Penh. Le sésame vietnamien, lui, a été obtenu. En route donc vers le sud-est et le Cambodge, puis petit crochet par l’Isan où la cuisine y est fameuse (second passage en Thailande). Marie, micro & co(loc)Ensuite, nous entrerons au Laos pour descendre le Mékong, puis remonterons le Vietnam jusqu’à la Chine et son joyau : le Yunnan. De quoi nous occuper jusqu’au mois d’avril. Et pour vivre un peu de cette aventure, Luc et Ingrid, deux amis rencontrés en Turquie, nous rejoingnent depuis l’Iran.

Départ donc demain. On quittera Marie, Vincent et toute la bande de colocs chez qui nous avons été reçus lors de cette semaine à Bangkok. Merci à eux d’avoir adouci de leur gentillesse le choc brutal du passage des espaces australiens à l’intensité asiatique.

Merci également à vous tous pour vos messages qui nous font toujours trés plaisir.

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