From nowhere…

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c’est par où ? from Benjamin & Emilie on Vimeo.

1000 km de piste plus tard

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Bac a sableBon, on va ou ?Passage de creek sur l'Oodnadatta track

On a beau hurler notre colère à chaque chute, le vent emporte tout. A chaque fois c’est pareil, on s’élance sur le vélo au bord gauche de la piste large de 10 mètres, et après quelques secondes, nous  voilà déportés de l’autre côté, tentant de ne pas basculer. En vain. Les chutes se suivent. Dans ce paysage désertique rien ne bouge ou presque. Seuls les ombres des nuages filant à toute vitesse sur la piste et le sifflement infernal dans nos oreilles témoignent de la force invisible contre laquelle nous nous fracassons.

Face a la tempeteUn vent à 120 km/h nous balaie de 3/4 face. Vitesse moyenne :  6 km/h. On capitulera après deux heures et 13 km arrachés, plantant la tente derrière quelques arbustes. Voilà deux jours que nous sommes sur la piste et les événements prennent une tournure inattendue.

Depuis hier, une tempête s’abat sur le bush. La première de deux énormes dépressions qui feront tomber le temps de notre traversée de l’Oodnadatta track 1/3 des précipitations moyennes annuelles dans cette region la plus sèche d’Australie. Pas surprenant que personne n’ai pu prédire un tel déluge. Tous ont été pris de court.

Danse avec les dingos

Oodi”On annonce du gros temps pour cette nuit. N’allez pas plus loin et trouvez-vous vite un endroit abrité”, nous lance l’air grave la femme à la fenêtre du camion que l’on croise. La chance nous sourit : la seule habitation en dur dans les 50 km alentour se trouve à quelques centaines de mètres. Mais pour y parvenir, il nous faudra près d’une heure. La glaise qui colle aux gardes boues nous embourbe à chaque pas. Impossible de bouger. Il faut pousser des vélos qui ne roulent plus. Pousser de toutes nos forces.

Le vent a encore forci quand Vincent, un Aborigène, nous ouvre la porte. On installe notre tente le long de sa maison qui nous abrite. Il faudra pourtant atttendre avant de se reposer : Oodi, un dingo mi-sauvage, a decidé de jouer. Il vole nos affaires, tire sur la tente, mord les chevilles, nous lèche le visage… Le dingo, c’est le loup version australienne dont les éleveurs du sud ont cru se protéger en dressant la plus longue barrière jamais construite par l’homme : 10 000 km parcourant l’Australie de part en part.

Barriere anti-dingo

Nous voilà donc le lendemain, après une nuit mouvementée, sur cette piste battue par un vent terrible. Une piste fermée où nous ne pouvons plus compter sur les 4×4 de passage pour nous dépanner en eau ou en nourriture si l’on est bloqué. Il va falloir nous rationner ces prochains jours. On se rend alors compte qu’il y a 130 ans, il était plus simple d’être secouru en cas de détresse : il suffisait de sectionner le fil du télégraphe Adelaide-Java dont il reste encore quelques vieux poteaux rouillés pour qu’une équipe de réparation soit dépéchée. Une époque où les hommes ont cru pouvoir dompter cet environnement hostile. A tord. Une époque surprenante où l’on pouvait rencontrer ici des Afghans venus introduire des dromadaires pour approvisionner le chantier de la ligne de chemin de fer Adelaide-Alice Springs dont on longe les vestiges. Une ligne qui sera baptisee “Ghan” (contraction d’Afghan) en mémoire de ces hommes.

Dans la furie des éléments, le petit déjeuner avec Vincent qui avait cuisine du kangourou nous parait loin. Oodi a décidé de nous suivre, il semble avoir trouvé sa meute. “A moins qu’il n’attende que l’on tombe d’épuisement pour nous manger”, plaisante Emilie. Impossible de le chasser, et le soir venu il vient se lover à côté de notre tente. Un dingo pour garder le camp c’est bien sympa, mais on se voit mal débarquer à William Creek, le prochain village (6 habitants) 170 km plus loin, avec un dingo à nos côtés. C’est alors que des phares pointent au loin dans la nuit. On se précipite sur le bord de la piste : un 4×4, c’est la possibilité d’avoir des informations sur l’état de la piste. La fenêtre s’ouvre mais l’obscurité nous empêche de voir ses passagers. “ May I help you ?”, glisse une voix grave suivi d’un éclat de rire qui nous est familier. “Vincent !! C’est toi. Tu tombes bien, Oodi nous suit, il faut que tu le ramènes.” Mais même Vincent ne parvient pas à attraper le dingo pour le faire monter dans le vehicule. On trouvera finalement la ruse : Vincent tiendra par la fenêtre du 4×4 un bout de pain derrière lequel courrera le chien sauvage.

A contre-sens

Seuls au monde sur l'Oodnadatta trackLe lendemain, le vent s’est calmé. On entame notre journée de vélos reposés et sereins. Mais sur la piste, nous croiserons, en sens inverse, tous ceux qui nous avaient dépassé deux jours auparavant. C’est la marche arrière généralisée. Ils ont les visages aussi marqués que la piste où ils ont lutté pour ne pas rester embourbés. “ La piste, on a eu notre dose! On jete l’éponge” lache John pourtant amoureux du bush. Son 4×4 a souffert et lui s’est ouvert le bras. Les nouvelles sont mauvaises. Non seulement l’Oodnadatta track est fermée dans sa totalité, empêchant les approvisonnements des trois villages que compte les 700 km de piste, mais en plus de celà, un camion plein de touristes s’est mis dans le décor et tous ses passagers sont bloqués à William Creek où il n’y a plus assez de nourriture. Nous prenons la décision de poursuivre tant que l’on peut.

Puis ce sera le désert, autour comme sur la piste. Certains jours, nous ne croiserons que deux véhicules. Mais à chaque fois, les gens s’arrêteront, nous offriront de véritables trésors comme des fruits, de l’eau fraiche (souvent de l’eau de pluie) qui nous change de l’eau salée que l’on trouve dans ce désert. Leurs encouragements nous boosterons dans les moments difficiles, certains nous voient comme des héros dont ils veulent prendre une photo. On savoure ces instants car l’on sait qu’une fois que la poussière de leur 4×4 aura disparu au loin, il ne restera plus que nous, nos vélos de 60 kilos, et le désert.

Bivouac et pleine luneBivouac a 100 km du voisin le plus proche

Dans cette solitude immense, peu de temps pour laisser son esprit s’évader. La piste est défoncée par les intempéries et l’on se croit parfois dans un rodéo. Sable, tôle ondulée, rocaille…  sur des journées entières. Parfois, il nous faut retirer les sacoches et porter les vélos pour traverser les rivières. On croit le sort contre nous lorsque les vélos cassent, ou quand le vent de face perdure des jours durant. Le désert joue avec nous, on fait le dos rond. Mais cela est largement récompensé : cette année, le désert est exceptionnelment vert et fleuri. Voilà un demi-siècle qu’un tel spectacle n’avait pas eu lieu. Le plus grand lac intérieur, le gigantesque lac Eyre, est entièrement rempli. Un pareil événement se compte sur les doigts d’une main depuis que les Européens ont debarqué. On mesure alors la chance que l’on a de traverser un tel univers. Et pour magnifier le tout, chaque soir, le ciel prend le relais avec ses étoiles et des levers de pleine lune comme nous n’avions jamais imaginées. On se sent bien avec notre feu de camp et notre tente dans l’immensité. Le voisin le plus proche est a une centaine de kilomètres. Un hurlement de dingo ou le hululement d’un oiseau nocturne pour bercer nos oreilles.La paix tous les soirs… enfin presque tous les soirs.

Copains de bière

Copains de bieressssLe bivouac idéal est là, devant nous. On domine le désert et de chaque côté de la piste, le scintillement de lacs éphémeres nous invite à nous arrêter pour comtempler le désert. Nous sommes à 20 km de William Creek où l’on devrait pouvoir se ravitailler et nous pouvons bivouaquer sereinement. On trouve un coin plat sur un promontoire qui offrira une superbe vue depuis notre tente. “C’est trop romantique…”, Emilie n’a pas le temps de terminer sa phrase qu’un moteur se fait entendre au loin. Une trainée de poussière s’approche. Le 4×4 nous voit, ralentit, puis sort de la piste pour foncer droit sur nous. Gros coup de frein, une tête d’un homme un peu défraichi sort de fenêtre : “ Fresh drink ?” Voila comment Jeoff, son pote, son chien et leur carton de bières fraiches (aussi entammé qu’eux) se sont invités dans notre bivouac de rêve. Deux gars de la mine d’uranium de Roxby Down en quête de copains de bières. Ils allument un feu avec les traverses de la vieille ligne de chemin de fer  Alice Springs – Adelaide que longe la piste et l’on passera une soirée assez drôle avec des hamburgers “made in bush” délicieux (3 pour Benjamin et 2 Emilie). Quant aux ronflements de Jeoff, ils auront au moins éloigné les bêtes sauvages du bivouac des kilomètres à la ronde.

Sale coup à William Creek

On nous avait prévenu depuis des semaines, le patron du bar de William Creek n’est pas du tout accueillant. On confirme. Alors que l’on veut lui acheter 3 pains congelés hors de prix, sa réponse nous abat : “ J’en ai 6 mais je ne vous en vends qu’un”. Jamais on ne pourra faire les 210 km de piste qui nous separent d’Oodnadatta avec un seul pain. Déjà qu’il a refusé de nous donner de l’eau alors que les tanks d’eau de pluie débordent cette saison, mais nous priver en plus de nourriture alors que le camion de ravitaillement arrive dans une heure est irresponsable. Un comportement comme celui-ci nous met en danger. Ambiance éléctrique au comptoir, mais mieux vaut garder son énergie. On s’apprête à quitter son bar quand une remarque raciste finit de nous convaincre de la bêtise de cet homme. On sort du pub désemparés lorsqu’un homme qui était à l’intérieur nous rejoint, désolé par le comportement du tôlier : “Prenez cette eau, j’en ai assez pour ma route retour. Voilà aussi un peu de pain. Et oubliez ce type, il est nouveau dans le coin. Il devrait par faire long feu par ici”. Darius, un policier en civil, nous sauve ainsi la mise.

Sec !

Le roi du bush

On reprendra la piste pourtant fermée avec les sacoches moins remplies que ce qu’il nous faudrait. Et avec 23 litres d’eau dont une bonne partie d’eau saumatre. Désormais, il faut compter ce que l’on mange, ce que l’on boit; rentabiliser l’énergie qu’on ingurgite par des kilomètres parcourus. Le prochain ravitaillement est encore à trois jours de piste d’ici si tout va bien.

La soif nous hantera parfois et nos espoirs de trouver de l’eau dans les creeks (cours d’eau) s’amenuisent avec le thermomètre qui dépasse les 40º. D’autre fois, c’est le miracle, comme ce jour où sur une piste écrasée de soleil, un camion s’arrête pour qu’un homme, la cinquantaine, en descende. Chapeau usé, chemise, jeans et boots, il est plein de cette poussière des hommes qui travaillent dans le bush. Avec ce vocabulaire si propre aux gars de l’outback, il nous interroge pour savoir si tout va bien, si cette piste ne nous ennuie pas… “ Dans 15 km, il y a une rivière avec de l’eau et de l’ombre. C’est Edward Creek. Vous y serez bien pour y passer la nuit. Nilpinna station, le royaume de Sir WilliamJe passe à ma station (gigantesque ferme d’élevage du bush) et vous y retrouve pour vous y déposer des fruits. Vous aimez les fruits ?” On en revient pas, alors que nous manquions de nourriture, on nous propose des fruits frais. Mais ce n’est que le début de notre surprise. Lorsque l’homme nous rejoind, il nous apporte des boissons fraiches, du gâteau au chocolat et des cookies maison, des pommes et des oranges. On a tout juste le temps de le remercier et de découvrir que cet homme timide et généreux est Sir Williams, le propriétaire de la station Nilipinna que nous avons vu de loin au pied du mont Margaret, presque un mirage dans la fournaise du désert. On apprendra plus tard qu’avec ses frères, il possède 23 400 km² et repère ses vaches à l’aide d’un petit avion. Le voilà déjà parti pour terminer sa longue journée de travail.

Le lendemain matin, Sir William nous rendra à nouveau visite pour prendre le petit déjeuner, assis dans le sable de la rivière. D’un calme exemplaire, il a l’allure du cow-boy.  Sa vie au milieu de cet environnement nous fascine ; notre aventure l’intrigue. Nous avons autant de questions de chaque côté. “ Il faut que vous veniez passer plusieurs jours dans la station”. On gardera précieusement cette invitation dans un coin de notre tête.

Enjoy

Oodnadatta, ville la plus aride d’Australie

La Pink Roadhouse a Oodnadatta et MarylineUne rue poussiéreuse sur quelques centaines de mètres avec un panneau annoncant fierement qu’ici se trouve l’endroit le plus aride de l’ile-continent. Quelques maisons, des terrains vagues où rouillent des carcasses de voitures, trois arbres sous lesquels des Aborigènes discutent, et une pompe à essence devant une bâtisse de tôles peintes en rose : la fameuse Pink Roadhouse. Bienvenue à Oodnadatta, la ville créée par le Diable qui, mécontent de son oeuvre, lui aurait jeté des pierres. De quoi expliquer le désert de caillous qui entoure la ville. Malgré tout, nous nous y sentons bien. Après des jours loin de tout, nous voilà “en ville”. On compte bien y trouver une douche, y laver le linge, et y boire quelque chose de frais. En plus de tout cela, on y rencontrera Maryline, serveuse saisonnière quebecoise, adorable, avec qui nous passerons la soirée. Une pause de quelques heures avant de se lancer à nouveau pour la dernière partie de l’Oodnadatta track.

Rencontre a Oodnadatta

Oasis inespereePersonne. Voilà deux jours que nous sommes seuls sur cette piste. Nous avons bien croisé un véhicule en quittant Oodnadatta, mais depuis, personne. Nos réserves d’eau s’épuisent sous ce soleil à 42 degrés. Il nous faut trouver une rivière qui ne soit pas encore à sec. Vite. On trouve une flaque d’eau boueuse qu’on s’acharne à filtrer quand un moteur de 4×4 se fait entendre. Il vient d’Oodnadatta.  A son bord, un couple de Belges s’arrête et nous tend une bouteille d’eau, des chocolats et un mot : “Lachez pas. Bonne route. Maryline”. Notre amie ne nous a pas oublié ! On lui avait demandé de mettre de l’eau dans les 4×4 qui se dirigeraient dans notre direction. Il n’y en aura qu’un sur 4 jours de piste, et Maryline ne l’aura pas raté. Bravo et merci.Des surprises comme ca, ca nous redonne du pep’s.

Piqure de rappel

La voisine du soir est plutot poilueIl y a des jours comme ca où l’on ne sait plus si l’on est chanceux ou malchanceux. Tout commence au lever du jour, lorsqu’en pliant la tente, on découvre que des scorpions sont venus s’abriter sous la bâche sur laquelle on vient de passer la nuit. “On va en voir de plus en plus avec la chaleur qui revient”, se dit-on. “Attention derrière toi” crie Emilie en decouvrant un peu plus tard un seprent au venin fatal (et accesoirement le plus agressif d’Australie) aux pieds de Benjamin qui répare son vélo. Le bushman avec qui ont discute fait un bond en arrièreet entraine Emilie. Vu sa frayeur, on comprend vite le danger d’une morsure. Ne pas bouger…  Le serpent passe entre les roues du vélo… puis file. Ouf ! Et puis, il y a les araignées dont certaines font plus peur que mal, d’autres plus mal que peur, et d’autre trés mal et trés peur.
Elles donnent lieu à de sacrées scènes de panique dans la tente, on vous laisse imaginer. Les scolopandres eux préfèrent se blottir à nos côtés lorsque l’on est assis autour du feu. On a appris aussi à se méfier des dromadaires redevenus sauvages qui peuvent mettre la tente en pièce si l’envie leur en prenait. On les entend parfois roder autour du bivouac. Mais pour finir, après avoir éviter tous ces pièges, c’est une fourmi, oui, une fourmi, qui nous a fait le plus gros bobo. Mais pas n’importe quelle fourmi; celle-ci fait deux centimètres, s’appelle “fourmi taureau”, mord et plante son dard en même temps. Résultat : Benjamin a une cheville comme un salami. Juste une petite piqure d’une grosse fourmi… qui nous rappelle combien au final on a eu de la chance.

Bain de boue

“Lundi prochain, soyez à l’abri. Il y aura une nouvelle tempête”. Voilà le conseil donné par Sir Williams cinq jours plus tôt, alors que tout le monde annoncait du soleil. Mais malgré le ciel bleu, nous nous sommes fiés au conseil de cet homme connaissant le bush sur le bout des doigts. Et ce matin, la pluie qui crépite sur notre tente ne nous surprend pas. Nous ne sommes qu’à 10 km de Marla et du bitume mais on se lance dans un sprint sous des trombes d’eau qui nous fouettent. Il faut franchir les rivières avant qu’elles ne gonflent trop. Le désert est inondé, les ruisseaux débordent d’eau rouge. On atteindra Marla, ville marquant la fin de l’Oodnadatta track, détrempés et plein de boues. A une demi-heure près, nous nous retrouvions bloqués sur la piste. Une patrouille de police nous voit sortir de ce déluge : “Vous avez tenté de faire l’Oodnadatta track et vous venez de faire demi tour ? – Non, on l’a fini. On vient de Leigh Creek. On l’a faite, on l’a faite !” lance fièrement Emilie au policier stupéfait. Ca mérite bien une photo prise par le shérif du coin qui en oubliera même de nous rappeler que le port du casque est obligatoire en Australie.

Derniers kilometres sur l'Oodnadatta trackFin de la piste sous un deluge : on a droit a une photo de la police !

A Marla, nous rencontrons Iain. Il travaille pour une communauté aborigène avec des juristes. Nous voilà invités chez eux après une soirée passée dans un lieu étonnant : le pub-restau-station service-supermarché. On est heureux, une piste mythique est terminée. Ce soir, on a gagné le respect du pub et de ses hommes. Et mieux encore, on fait germer un peu plus l’idée d’un tour du monde à vélo dans la tête de Iain.

On the road again

Road train en retrouvant la Stuart HighwayNous sommes au beau milieu d’un ruban d’alsphalte qui s’étire sur 3000 km, d’Adelaide à Darwin. La Stuart Highway est une route mythique traversant l’Australie du sud au nord.On y retrouve la douceur du bitume après deux semaines de pistes, notre record  de distance quotidienne tombe sans forcer. On peut y laisser son esprit vagabonder entre deux Road Train. Ces camions tractant jusqu’à 4 remorques génèrent un souffle puissant qui vous sort de vos rêveries. Leur moteur s’entend des kilomètres avant qu’on ne les voit. Leur pare-buffles ne font qu’une pichenette des vaches et des kangourous qui se trouvent sur leur route. Dans la nuit, ces monstres sont encore plus spectaculaires avec leur masse illuminée traversant l’obscurité.

Mais la piste finit par nous manquer. Suffisement pour que l’on se lance sur la sableuse Ernest Giles track. 100 km avec sable, vent de face et chutes à répétition. 100 km sans s’ennuyer. On choisira ce coin du coeur rouge de l’Australie pour y planter nos arbres. Au bout il y a Emerys qui nous attend à Alice Springs, la ville au coeur du pays. Nous l’avons rencontré il y a 3 semaines sur la route alors qu’il parcourait les derniers kilomètres de son tour du monde à vélo.

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La pierre precieuse

C’est un peu le gros caillou contre lequel vient buter notre traversée de l’outbak. Uluru, ou Ayers Rock, n’est qu’une ridicule miette de ce qui était il y a 350 millions d’années, une montagne aussi haute que les Andes. Un caillou qui draine au milieu du désert des milliers de touristes trimbalés dans des bus pressés. Et c’est vrai qu’il est magnétique. De trés loin, cette masse dominant une plaine infinie capte notre regard. Pas étonnant que les Aborigènes le vénèrent. On en fera le tour à vélo, en en dégustant chaque recoin. Il change sans cesse au gré de la progression du soleil. 18H, le voilà qui s’enflame, rougeoit comme une braise, révèle des stries noires, des formes douces, s’assombrit et s’éteint dans la nuit. Ca valait bien tout ces kilomètres.

Autour d'UluruKings Canyon, marche au bord du vide

Délice également de la marche sur les bords de Kings Canyon dans la lumière de la fin d’après-midi.  On y flane jusqu’à y être les derniers randonneurs. Dans le calme retrouvé du site, les silhouettes des kangourous se découpent sur les crêtes sur fond de ciel rose. Hayden, un ami de voyage avec qui nous faisons cette marche conclut : “Après ca on ne peut qu’être heureux”. Heureux d’avoir vécu cette belle aventure australienne de 3200 km à vélo.

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Allo Houston, mission accomplie en Australie

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Ca y est, on a le sentiment d’etre sorti de la face cachee de la Lune : Alice Springs, la ville au coeur de l’Outback. Nous y voila pour l’anniversaire d”Emilie apres trois semaines d’une aventure que personne n’aurait pu predire. Rien de tout ce que l’on attendait. Chaque jour plus surprenant, des hauts des bas, des joies et des peurs… la faim et la soif. Le desert est plus fort que tout et c’est pour ca qu’on l’aime et qu’on a appris a le respecter. Trois semaines d’une intensite inesperee dans un contexte exceptionnel. Le desert nous a laisse son empreinte a jamais. On se depoussiere, on fait une vraie nuit et on prend notre plume pour tenter de vous raconter cet Outback que nous avons traverse.

Un grand merci a tous ceux qui nous ont aide a braver l’outback en nous donnant de l’eau, de la nourriture ou meme des encouragments admiratifs. Ils ont ajoute de la saveur a notre aventure.

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